Entretien professionnel sous Syntec : fréquence et obligations

L’entretien professionnel sous Syntec relève d’abord du Code du travail. Il concerne tous les salariés, ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) comme cadres, à temps plein ou à temps partiel. Son objet porte sur l’évolution professionnelle, les compétences et la formation.

Il se distingue de l’entretien annuel Syntec, souvent appelé entretien d’évaluation. Confondre les deux expose l’employeur à traiter la rémunération ou les résultats sans aborder le parcours, et à ne pas respecter le cadre légal de l’entretien professionnel.

Entretien professionnel Syntec : quelle fréquence appliquer ?

La loi du 24 octobre 2025 a créé l’entretien de parcours professionnel, qui remplace progressivement l’entretien professionnel. Le nouveau régime entre en vigueur le 1er octobre 2026 : l’employeur devra proposer un entretien dans l’année qui suit l’embauche, puis tous les quatre ans.

Un état des lieux récapitulatif devra ensuite être réalisé tous les huit ans. Il sert à vérifier les entretiens tenus et les actions qui ont permis au salarié de développer son parcours professionnel.

ÉchéanceRègle applicableBut
Jusqu’au 30 septembre 2026Entretien professionnel tous les 2 ans ; bilan tous les 6 ansFaire le point sur les perspectives et la formation
À partir du 1er octobre 2026Entretien de parcours professionnel dans l’année suivant l’embauche, puis tous les 4 ans ; bilan tous les 8 ansStructurer le parcours et prévenir l’obsolescence des compétences

La transition doit être suivie avec soin. Pour les échéances nées avant le 1er octobre 2026, l’entreprise doit vérifier les règles transitoires et les textes applicables à la date de chaque entretien. Une trace datée de la convocation et du compte rendu reste utile dans les deux régimes.

Ce que la convention collective Syntec ajoute

La convention collective nationale des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseil, dite Syntec-Cinov, n’écarte pas les obligations légales. L’entretien professionnel ou de parcours professionnel doit donc être proposé à chaque salarié couvert par la convention.

Le syntec entretien annuel répond à une finalité différente. Il permet d’apprécier l’activité réalisée, les objectifs, les moyens de travail et, selon les pratiques de l’entreprise, la rémunération variable ou les perspectives d’évolution. Il ne remplace pas l’échange légal sur la formation et le parcours.

Pour les salariés en forfait annuel en jours, un entretien annuel spécifique est requis sur la charge de travail, l’organisation du travail, l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi que la rémunération. Cet échange découle du Code du travail et doit être identifiable, même s’il est organisé le même jour qu’un autre entretien.

Vigilance : trois entretiens peuvent coexister dans une entreprise Syntec : l’entretien annuel d’évaluation, l’entretien de forfait jours et l’entretien professionnel ou de parcours professionnel. Un seul rendez-vous est possible si chaque objet est clairement séparé dans le support et le compte rendu.

Une femme responsable et un homme salarié échangent calmement lors d’un entretien professionnel dans un bureau moderne.

Les sujets à aborder pendant l’échange

L’employeur ne doit pas transformer cet entretien en évaluation de performance. Le salarié peut y présenter son projet : changement de mission, montée en compétence technique, évolution vers le management, certification, VAE (validation des acquis de l’expérience) ou mobilité interne.

L’entreprise présente les dispositifs mobilisables : plan de développement des compétences, CPF (compte personnel de formation), VAE, bilan de compétences ou période de reconversion. Elle peut aussi exposer les besoins futurs du métier et les passerelles disponibles entre postes ETAM et cadres.

  • Évolution du poste, des missions et des compétences attendues ;
  • Souhaits de formation, de certification ou de mobilité ;
  • Perspectives professionnelles à court et moyen terme ;
  • Actions concrètes, responsable du suivi et calendrier prévisionnel.

Le compte rendu ne vaut pas accord du salarié sur toutes les propositions. Il doit toutefois refléter les demandes formulées et les réponses apportées. Le salarié peut demander l’ajout d’observations avant de signer ou refuser de signer tout en conservant un exemplaire.

Retours d’absence et cas à surveiller

Un entretien doit aussi être proposé au retour de certains congés ou absences : congé de maternité, congé parental d’éducation, congé d’adoption, congé de proche aidant, congé sabbatique, période de mobilité volontaire sécurisée et arrêt de longue durée. L’objectif consiste à préparer la reprise et à identifier un besoin d’adaptation ou de formation.

Le service RH doit distinguer cet entretien de retour de la visite de reprise auprès du service de prévention et de santé au travail. La visite porte sur l’aptitude et les conditions de reprise ; l’entretien traite de l’emploi, des compétences et de la carrière.

Entretien professionnel Syntec : vérifier la conformité

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le non-respect des obligations peut entraîner un abondement correctif du CPF. Sous le régime antérieur, il peut atteindre 3 000 euros lorsque les entretiens requis n’ont pas été réalisés et que le salarié n’a pas bénéficié des mesures prévues par la loi. Le régime issu de la réforme prévoit aussi un contrôle à l’échéance de huit ans.

Le salarié peut demander la date de son dernier entretien, une copie de son compte rendu et les actions décidées. L’employeur doit consulter le Code du travail, le texte à jour de la convention Syntec-Cinov et, le cas échéant, les accords d’entreprise plus favorables. Cette vérification permet de fixer un calendrier fiable et de séparer clairement entretien annuel Syntec, forfait jours et entretien de parcours.