Heures supplémentaires Syntec : calcul et majoration
Les heures supplémentaires Syntec concernent les salariés dont le temps de travail est décompté en heures. La règle de base est simple : toute heure travaillée au-delà de 35 heures au cours d’une même semaine ouvre droit à une majoration, sauf dispositif particulier prévu par le contrat ou un accord collectif applicable.
La convention collective Syntec (bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseils, IDCC 1486) distingue surtout les salariés en décompte horaire des salariés au forfait annuel en jours. Le statut ETAM, c’est-à-dire employés, techniciens et agents de maîtrise, ou cadre, ne suffit donc pas à déterminer les droits.
À partir de quelle heure y a-t-il une heure supplémentaire ?
Pour un salarié à temps plein soumis à l’horaire collectif ou individuel de 35 heures, les heures effectuées à compter de la 36e heure de la semaine sont des heures supplémentaires. Le calcul se fait semaine par semaine, du lundi 0 heure au dimanche 24 heures, sauf accord collectif fixant une autre période de sept jours consécutifs.
Un employeur doit demander ces heures, les accepter explicitement ou les laisser réaliser en connaissance de cause lorsqu’elles sont nécessaires à la mission confiée. Le salarié doit conserver des éléments précis : relevés d’activité, agenda, courriels d’instructions et validation des temps.
Majoration des heures supplémentaires Syntec : les taux applicables
En l’absence de taux plus favorable fixé par un accord d’entreprise, la majoration heures supplémentaires Syntec suit les taux prévus par la convention collective. Les huit premières heures supplémentaires d’une semaine sont majorées de 25 %, puis les suivantes de 50 %.
| Heures travaillées dans la semaine | Nature | Majoration minimale |
|---|---|---|
| Jusqu’à 35 heures | Heures normales | Aucune |
| De la 36e à la 43e heure | 8 premières heures supplémentaires | 25 % |
| À partir de la 44e heure | Heures supplémentaires suivantes | 50 % |
Exemple : avec un salaire mensuel brut de 3 000 euros pour 35 heures, le taux horaire indicatif est de 19,78 euros bruts (3 000 ÷ 151,67). Quatre heures supplémentaires à 25 % représentent 98,90 euros bruts supplémentaires : 4 × 19,78 × 1,25.
La paie peut aussi intégrer une prime, un avantage en nature ou une rémunération variable. La base de calcul doit alors être vérifiée sur le bulletin de salaire, car les éléments liés directement au travail peuvent entrer dans l’assiette de majoration.

Contingent annuel : 130 heures pour les ETAM
La convention Syntec fixe un contingent annuel de 130 heures supplémentaires pour les ETAM. Ce plafond n’interdit pas de travailler au-delà, mais il déclenche des règles renforcées, notamment une contrepartie obligatoire en repos lorsque le contingent est dépassé.
Pour les ingénieurs et cadres, la convention renvoie au contingent réglementaire applicable. À défaut de disposition conventionnelle différente, le contingent annuel légal est fixé à 220 heures. Un accord d’entreprise peut toutefois prévoir un autre volume et des contreparties propres.
Vigilance : le dépassement du contingent ne supprime jamais le paiement ou la majoration des heures réalisées. Il ouvre, en plus, droit à une contrepartie obligatoire en repos selon les règles applicables dans l’entreprise.
Cadres Syntec : qui peut demander le paiement d’heures supplémentaires ?
Un cadre soumis à un horaire de 35 heures, ou à un décompte horaire, peut réaliser des heures supplémentaires dans les mêmes conditions qu’un autre salarié. Le titre de « cadre » ne prive donc pas automatiquement du droit à majoration.
Le forfait annuel en jours fonctionne différemment. Le salarié en forfait jours ne décompte pas ses journées en heures : les syntec heures supplémentaires au-delà de 35 heures ne s’appliquent pas. Il doit toutefois bénéficier des repos minimaux, du suivi de sa charge de travail et du nombre de jours de repos prévu par son accord de forfait.
La modalité 2 Syntec, dite « réalisation de missions », mérite une lecture attentive du contrat. Elle peut prévoir un horaire hebdomadaire allant jusqu’à 38 h 30, avec une rémunération annuelle incluant les heures supplémentaires structurelles prévues par le dispositif. Les heures au-delà de cet horaire restent à traiter selon les règles applicables.
Heures supplémentaires ou heures complémentaires à temps partiel ?
Un salarié à temps partiel ne réalise pas d’heures supplémentaires avant d’atteindre 35 heures. Les heures accomplies au-delà de la durée inscrite au contrat sont des heures complémentaires, avec leur propre régime de plafond et de majoration.
Cette différence compte sur le bulletin de paie et pour le calcul des droits. Vérifiez d’abord la durée contractuelle, puis la convention collective, l’éventuel accord d’entreprise et la modalité de temps de travail indiquée dans le contrat.
Heures supplémentaires Syntec : les vérifications à faire
- Relisez votre contrat : horaire hebdomadaire, modalité Syntec et forfait éventuel.
- Comparez vos relevés de temps avec les horaires déclarés sur chaque semaine.
- Contrôlez les lignes « heures supplémentaires » et leur taux sur les bulletins de paie.
- Consultez l’accord d’entreprise, qui peut fixer des règles plus favorables ou un repos de remplacement.
- Demandez une explication écrite au service des ressources humaines en cas d’écart, puis vérifiez le texte conventionnel à jour sur Légifrance.
Les heures supplémentaires restent soumises aux durées maximales de travail : en principe 10 heures par jour et 48 heures sur une semaine, sous réserve des dérogations encadrées. Une charge de travail durablement excessive doit donc être traitée sans attendre, même lorsque les heures sont payées.